18 mai 2001

 

Pâtes et papiers à Trois-Rivières; le bout du rouleau!

 

Par Eddy Verbeeck

 

La production de pâtes et papiers, à Trois-Rivières, est encore le secteur le plus important avec 2258 employés, soit 28% de la main-d’œuvre. Ce chiffre, qui comprend tous les sous-traitants en aval de l'industrie, indique une dépendance industrielle encore inquiétante, en même temps qu'une dégradation de cette cheville économique. En effet, le décompte des travailleurs des deux seules papeteries de Trois-Rivières qui subsistent, est de 1650; il y en avait près de trois mille, il y a vingt ans.

 

Que s’est-il passé? La demande en papier journal a chuté et le papier d’impression de qualité a connu une croissance importante. En même temps, les technologies ont évoluées, il faut désormais trois fois moins de travailleurs par machine qu’autrefois. Les compagnies qui n’ont pas vu cette tandence ont perdu des plumes, quand elles n’ont pas fermé. Des exemples, Wayagamack, CIP, Tripap.

 

Être à la page ou disparaître

«Certains ont pris des retards au niveau technologique et puis, le jour où l’on se dit qu’il faut faire quelque chose, la marche est tellement haute à franchir qu’on se demande s’il ne faut pas repartir à zéro. À ce moment là les sommes à investir sont colossales et beaucoup n’ont pas les moyens. » explique Jean Leclerc, coordonnateur du département des Techniques en pâtes et papiers du Cégep de Trois-Rivières.

 

En dix ans deux usines ont connu ce sort, la CIP et l'usine Tripap qui n’était en fait que la même papeterie relancée par Uniforêt. Pendant ce temps, Kruger mitonne des pâtes de meilleure qualité dans ses éprouvettes et, surtout, investit :«Kruger a pris une démarche beaucoup plus progressive. Ils ont pris une usine moribonde il y a 26 ans et l’ont rentabilisé en faisant les bons choix.»

 

L’usine Kruger, de Trois-Rivières produit pour moitié du papier journal, le reste étant divisé entre le papier couché et les papiers impression spéciaux pour revues et imprimés publicitaires. 

 

La petite dernière de Kruger

Le cas de Wayagamack s’est réglé tout récemment alors que Kruger a décidé d’y investir 300 millions pour produire du papier à valeur ajouté. Tout le monde retenait son souffle dans la région. Une troisième fermeture aurait été désastreuse pour l’économie de la MRC de Francheville. 475 emplois dépendaient de la décision de Kruger.

 

Selon Claude Daneault, directeur du Centre de recherche en pâtes et papiers de l’Université du Québec à Trois-Rivières, le nombre d’emplois dans ce secteur va maintenant rester stable :«Actuellement, la période de rationalisation est faite. On est arrivé à un plancher d’emploi sous lequel il devient difficile de produire.»

 

 

 

La recherche : fondamentale!

 

Développer de nouvelles sauces, améliorer les qualités du papier; une des pierres angulaires de la croissance des papeteries, c’est la recherche. Trois-Rivières compte beaucoup sur le futur Centre de recherche intégré des pâtes et papiers qui doit être annoncé sous peu.

 

Autrefois, la recherche et le développement se faisaient en usine. Aujourd’hui, on assiste à un transfert de ces activités vers les fournisseurs :«Ils jouent un rôle plus important qu’avant. Non seulement pour livrer une marchandise qui s’adapte à l’industrie, mais aussi pour donner des avis pour l’amélioration du procédé. » précise Jean Leclerc.

 

Parmi ces fournisseurs, on ne peux passer à côté de GL&V qui a bien compris ce que les papeteries attendaient de ses ingénieurs.

 

http://www.kruger.com/