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Le 21 juin 2001

 

L’inquiétude, hormone de croissance du marché de la viande «bio» 

 

Par Eddy Verbeeck

La viande biologique n’est plus seulement recherchée par quelques granolas ou hypocondriaques, désormais elle figure au menu du consommateur moyen : «Les gens ont peur depuis la maladie de la vache folle, mais aussi ils se conscientisent à manger mieux.» affirme John Morgan des Fermes biologiques Morgan.

 

Cet agriculteur qui a commencé cet élevage par conviction personnelle arrive au bon moment sur le marché de l’alimentation, depuis un an les commandes ont doublé. Sa ferme située à Weir dans les Laurentides produit du boeuf, de l’agneau, du poulet et même du sanglier.

 

La ferme Le Crépuscule de Yamachiche  connaît des jours aussi heureux. Elle exploite depuis dix ans une entreprise agricole de 68 hectares vouée à la production animale et certifiée biologique selon les normes d’accréditation « Québec Vrai ». Le propriétaire Jean-Pierre Clavet croit que les problèmes qui ont frappé l’Europe ne sont qu’une partie des changements de mentalités :«Il y a une conscientisation plus générale sur les problèmes de pollution, on parle aussi de Kyoto et d’autres événements du genre.»

 

La ferme Le Crépuscule vient de se mériter le prix Phénix de l’Environnement  (www.coselective.qc.ca/phenix) pour la préservation de la biodiversité. Le lauréat aimerait bien accroître sa production, mais il est limité par les quotas. Il est actuellement en souscription avec d’autres investisseurs pour acheter plus de quotas de poulets. 

 

La vache propre

Un élevage biologique est caractérisé par l’absence d’engrais chimiques, d’hormones de croissance et de farines animales. Les bêtes se nourrissent d’herbe et de foin, comme au bon vieux temps. Les animaux engraissent moins vite et donc il en coûte plus cher pour produire la viande. Par exemple, le boeuf nourrit selon les méthodes naturelles grandira deux fois vite que celui qui a reçu des hormones naturelles.

 

Le prix en magasin est, lui, le double de la viande commerciale. Pourtant, les détaillants sont souvent en pénurie :«Je ne suffit plus à la demande. On vend 30% plus de ces produits qu’avant.» indique Jacques Boisvert, président de l’Association des marchands du Groupe Panier Santé. 

 

Dans l’assiette, cela donne un aliment plus consistant :«Faites cuire la viande saine et riche en nutriments et elle ne fondera pas comme la viande commerciale.» affirme John Bastian.   

 

L’Europe a déjà pris le virage «bio»

Les gens voyagent beaucoup. Ils voient ce qui se fait ailleurs de bon et cherchent à l’implanter ou à l’importer :«En Suisse, ils sont déjà très avancés; 10% des agriculteurs et des éleveurs se soumettent aux normes strictes des certifications biologiques.» ajoute John Bastian. Au Québec, ce marché ne représente que 1%.

 

Les agriculteurs biologiques québécois espèrent qu’il ne faudra pas que les consommateurs vivent des désastres du genre «vache folle» ou «fièvre aphteuse» avant de changer leur alimentation. Mais malheur ou pas, ils estiment que le marché «bio» représentera environ 10% d’ici 2005.

 

On dit que le temps c’est de l’argent, mais dans ce marché l’argent c’est donner du temps. 

 

* Bizznys.com a été jusqu’en 2001, le site économique de Telus-Québec. Le site comprenait, entre autres informations, les nouvelles sur le développement des PME du Québec. Cogitex, une firme spécialisée dans le développement de contenus sur Internet, avait le mandat d’assurer la couverture de l'actualité économique de toutes les régions du Québec pour le compte de Telus.